Quartett dans un joli clair-obscur

Dans la sublime salle en bois du Théâtre de l’Epée de bois, le verbe sulfureux du couple Merteuil-Valmont jaillit au milieu d’un intrigant clair-obscur. La marquise et le vicomte se délectent à travers une joute verbale corrosive. Ils jouent Les Liaisons dangereuses dans une réécriture d’Heiner Muller, une courte pièce nommée Quartett. La plume du dramaturge allemand est un régal de cynisme et d’impudence. Elle offre un regard distancié sur le roman épistolaire de Laclos avec du jeu dans le jeu et des effets miroir. La mise en scène de Patrick Schmitt s’intègre joliment dans le très bel écrin en bois de la Cartoucherie. Retour sur la Première du 18 Novembre dernier.

© Chantal Depagne / Palazon

Un texte sulfureux

La traduction de Jean Jourdheuil et Béatrice Perregaux est un festival de mots tranchants et d’expressions caustiques. La cinglante Merteuil ne ménage pas ses mots vis à vis de la Tourvel qu’elle qualifie de « tronc d’église ». Dès les premiers échanges, elle reproche à Valmont de s’enticher de celle-ci : « je ne vous ai pas remis en liberté pour que vous montiez sur cette vache ». Plus loin, la voilà singeant la jeune Volange. Dans ce rôle, Emmanuelle Meyssignac alterne adroitement le jeu incarné et le jeu distancié.

© Chantal Depagne / Palazon

Son partenaire, également metteur en scène, est un grand personnage souvent stoïque avec moins de relief. Les deux comédiens incarnent à tour de rôles plusieurs personnages. Elle est d’abord Merteuil, puis Valmont, puis Volange. Lui est Valmont puis Tourvel puis Merteuil. A vue, deux jeunes suivants opèrent les changements de costumes et d’accessoires dans une relative lenteur, ce qui étire le rythme de la mise en scène.

© BM Palazon

Heiner Muller situait la pièce dans un salon d’avant la révolution française ou dans un bunker d’après la troisième guerre mondiale, une atmosphère belliqueuse où plane la mort. Des signes présents sur le plateau plongé dans une atmosphère ténébreuse où l’on retrouve dès les premiers instants une tête de mort. Une esthétique soignée dans une des plus belles salles de la Cartoucherie, et de la région parisienne.

Quartett d’Heiner Muller, mise en scène de Patrick Schmitt au Théâtre de l’Epée de bois se joue jusqu’au 28 Novembre. Plus d’informations sur Théâtre de l’Epée de bois.

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