Je suis le vent, par deux rocs

L’un est hollandais et l’autre est flamand. L’un dirige la compagnie Discordia et l’autre la compagnie tgSTAN. L’un joue L’Un et l’autre joue L’Autre. Deux figures majeures de la scène contemporaine se retrouvent pour jouer une pièce du norvégien Jon Fosse, Je suis le vent. Jeudi 10 juin à 19h, dans la salle du haut du Théâtre de la Bastille, Matthias de Konning et Damiaan De Schrijver s’apprêtent à devenir L’Un et L’Autre, les deux personnages de la pièce. Une expérience théâtrale inédite.

© Tim Wouters

Le non-jeu

Deux hommes vêtus de smoking et d’élégantes chaussures noires vernies apostrophent les spectateurs lorsqu’ils entrent dans la salle. L’Un buvant un café, L’Autre fumant un cigare. D’usage sur la scène flamande, les comédiens basculent dans le récit avec une subtilité déconcertante. L’entrée dans l’histoire n’est marquée d’aucune élévation de jeu. D’ailleurs, les comédiens ne jouent pas, ils sont. Ils empruntent un style de jeu apparu dans les années 2000 appelé non-jeu dont la particularité est l’effacement des codes de l’interprétation classiques telles que la projection de la voie, l’amplification des gestes ou l’incarnation d’un personnage. Matthias de Koning et Damiaan De Schrijver sont donc L’Un et L’Autre.

La mer en filigrane

La scénographie évoque une chaloupe. Une grande toile accrochée en fond de scène, un sol composé de planches de bois abîmées, de grosses ampoules industrielles et une énigmatique boîte en carton suspendue. On imagine une cale. On sent la mer. Comme deux rocs, les deux marins causent sur ce voilier imaginaire.

© Tim Wouters

Une ode à la vie

Au fil de cette traversée, les vieux complices enchaînent les confessions métaphoriques. La pierre, les vagues, la mer comme figures de l’existence. Une écriture sobre traduite du norvégien au néerlandais. La complicité des comédiens déborde sur celle des personnages. Des sentiments pudiques. Puis, cette retenue chavire à mesure que la houle s’agite. Je suis le vent est une ode à la vie où l’amitié est reine.

Cette mise en scène de tgSTAN et Discordia est une pièce exigeante. Une traversée existentielle par la métaphysique dont on ne sort pas indifférent. Je suis le vent se joue au Théâtre de la Bastille jusqu’au 26 Juin 2021. Amateurs de métaphysique ? Ce spectacle est pour vous !

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