Un bébé dans l’Incubateur du théâtre 14

Alors que le gouvernement fait la sourde oreille aux appels des artistes pour ouvrir les salles de spectacles, certains théâtres maintiennent le lien avec le public à travers des représentations dites professionnelles. Une aubaine pour les compagnies coupées de leur public, des spectateurs essentiels à la représentation théâtrale, rappelons-le. A Paris, le théâtre 14 organise des séances en limitant ses invitations aux professionnels pour contenir le remplissage de sa jauge. Ainsi début mars, Je me suis assise et j’ai gobé le temps, une création de Laurent Casanave, a rencontré un public en chair et en os.

Des spectateurs essentiels, aussi

Tandis que les subterfuges virtuels (pluie de captations en ligne) se multiplient pour maintenir le lien avec le public, l’absence de spectateurs en chair et en os gomme la théâtralité d’une oeuvre. En effet, l’acte théâtral repose sur l’existence d’un espace de jeu (la scène) et d’un espace où l’on peut regarder (la salle) dans une unité de lieu et d’espace. Jouer uniquement devant une caméra n’est pas un acte théâtral ! Les spectateurs sont essentiels à la théâtralité comme le rappelle Jean Dubuffet : « Il n’y aura plus de regardeurs dans ma cité ; plus rien que des acteurs. Plus de culture, donc plus de regard. Plus de théâtre – le théâtre commençant où se séparent la scène et la salle. »

L’Incubateur

Pour la troisième année, théâtre 14 accueille deux équipes artistiques afin de les accompagner sur les sujets tels que la communication et l’administratif. En cette période de restriction sanitaire, les compagnies ont la chance de présenter leur création au public du métier. Laurent Casanave a choisi le thème du premier enfant. Une compagnie sous couveuse pour explorer notamment les questions de maternité et de paternité. Le metteur en scène a créé le spectacle sous deux formats, l’un théâtral et l’autre performatif invitant les spectateurs à diner avec les comédiens. Nous étions face à la version théâtrale.

@ Jean-louis Fernandez

Un exposé de ressentis personnels

Sur le plateau, des jouets d’enfants sont éparpillés sur le sol de la salle à manger. Sous la table, une jeune fille est recroquevillée, elle dort. Elle est la nouveau-née, la première à se souvenir de ses premiers instants de vie. Puis, les parents apparaissent suivis du grand-père. A tour de rôle, les personnages s’exprimeront sous la forme de digression visuelle pour confier leurs ressentis après la naissance du bébé. Devenir mère, père et grand-père : une multitude de doutes, de douleurs et d’angoisses qui les ont transformés.

@ Jean-louis Fernandez

Le théâtre 14 multiplie les actions auprès des publics notamment par son Université populaire qui propose des podcasts, des rencontres, des stages de théâtre… Une volonté de faire vivre le théâtre comme les intermittents et les représentants de la CGT siègeant à l’Odéon pour obtenir l’ouverture des salles de spectacle. Un secteur et des spectateurs sacrifiés.

Théâtre de l’Odéon occupé par les intermittents et les représentants de la CGT

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :