Une Tempête champêtre

Cet été, les élans créatifs de la compagnie A table sont en effervescence. Après une résidence masquée au Théâtre de Belleville pour finaliser la création d’Un Ennemi du peuple, la troupe a organisé son premier festival baptisé Contes d’été. Les saltimbanques ont installé leur scène dans une prairie d’Esves-le-Moutier, au pied de la cité royale de Loches. Rythmé par quatre soirées théâtrales, le festival a accueilli près de 300 spectateurs venus des alentours. Pour cette première édition, La Tempête de Shakespeare mis en scène de Guillaume Gras était jouée à chaque crépuscule. Retour sur la soirée de clôture.

Alors que le mercure descend doucement, le public investit le théâtre champêtre. Pour démarrer la soirée, le maître de cérémonie Nicolas Perrochet anime un Cabaret Improvisation avec une bonne dose d’espièglerie et de perspicacité. Après une courte collation de quiches faites maison et de vins de la région, les comédiens entrent en scène pour La Tempête.

@ Anaïs Parelló

Cernée de sable, l’espace de jeu est soigneusement dessiné par un tapis d’herbe rase. Au début, le sable saupoudré par Prospero rappelle la plage où le vaisseau d’Alonso, Roi de Naples, a échoué. Du sable comme l’évocation subtile du sommeil, de l’onirisme de nos vies décrit par Prospero dans l’acte IV. Entendre que « nous sommes de la même étoffe que les songes, et notre vie infime est cernée de sommeil » dans l’étendue campagne tourangelle est un délicieux bonheur.

Alors que Prospero secondé de son serviteur Ariel arrive à ses fins, les éclairs grondent silencieusement dans le ciel. Interprété par Eurialle Livaudais, l’esprit de l’air est tout en longueur et en légèreté. Sa silhouette élancée résonne avec celle de son frère Pierre qui l’accompagne au violon. Un duo d’une belle fluidité dont la dimension aérienne passe manifestement par la musique. Connu pour sa fougue débordante, Ariel est ici d’une étonnante docilité. Une fougue qui n’a, en revanche, pas échappé au trio composé du sommelier Stephano, du bouffon Trinculo transformé en Trincula pour l’occasion et de l’esclave Caliban.

Réduite à 1h30 par des coupes pertinentes, cette version de La Tempête en restitue toute la quintessence. Cette jeune compagnie gavée de talents dégage une grande et belle humanité que nous vous invitons à découvrir au Théâtre de Belleville en Septembre prochain pour Un Ennemi du peuple, une mise en scène de Guillaume Gras.

Pour plus d’informations : Un Ennemi du peuple.

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