Une Maison, un hymne à la fraternité

Une nouvelle fois, Christian Rizzo célèbre la fraternité par une cérémonie inspirée des danses traditionnelles. Une maison a des réminiscences de la pièce D’après une histoire vraie, créée en 2013. Le chorégraphe puise dans les danses populaires pour fêter le vivre-ensemble. Sur scène, il ne s’agit pas d’une maison dans sa représentation concrète mais d’une évocation abstraite de ce qui fait maison. Une maison à travers ses liens, son énergie et sa corporéité. L’approche symbolique d’un espace vivant. Cette chorégraphie pour quatorze danseurs tisse progressivement sa toile. Inaugurée en mars 2019 à Annecy, Une Maison a été jouée au Théâtre National de la Danse de Chaillot fin Février.

@ Marc Domage

Une maison, symbole d’une communauté

Au début, un homme avec le visage masqué réalise des mouvements lents sur un même plan. C’est étrange. La séquence s’étire dans un silence embarrassant. Au sol un tas de terre inerte. Une structure géométrique de néons est suspendue au-dessus de la scène. Puis, des sons rompent le silence.

Rizzo propose Une maison comme lieu indéfini. Un lieu sans Histoire où une histoire est en train de s’écrire. Un espace physique dont les fondations sont les liens tissés entre ses habitants. A mesure des déplacements, les relations grandissent. Les corps se rencontrent et se séparent. Parfois, ils s’immobilisent. Par deux, par groupe ou en solo.

La géométrie de l’espace

Sous la forme de diagonales et de grands cercles, les déplacements des danseurs structurent les couloirs, la charpente, l’espace de la maison dans son ensemble. La physicalité des corps façonne ce territoire inhabité.

La géométrie des néons est comme la réflexion des mouvements, une sorte de kinesphère – notion théorisée par Rudolf Laban – à l’échelle de la communauté. Un territoire façonné à leur manière avec la terre. Une terre qu’ils manipulent pour se l’apprivoiser.

@ Marc Domage

Une écriture du folklore

Les danseurs projettent la matière organique avec une pelle et des seaux. Cette terre anonyme devient leur terre. Les individus sautillent, roulent, glissent. On se porte et on s’enlace. Chacun y va de sa petite danse sous l’impulsion de la musique électronique, une évocation du clubbing, un univers cher à Rizzo. Les sons, créés par le duo français Cercueil, agissent sur les néons comme une guirlande lumineuse. Magnifique.

L’ensemble compose une chorégraphie hybride où se rejoignent les danses de la nuit et des fêtes traditionnelles. L’énergie d’une grande mixité grandit jusqu’à l’apothéose d’une farandole. On exulte sous le regard d’un énigmatique fantôme, l’âme de cette maison.

En partant d’une abstraction, l’écriture des corps et de l’espace devient une évidence avec la matière. Rizzo dessine ce qui fait maison. Une nouvelle fois, le chorégraphe-plasticien transmet un élan de fraternité à travers une écriture visuelle et une grammaire des corps populaire. Dans la salle Vilar de Chaillot, Une maison a résonné comme un bel hymne à la fraternité. Une éclatante solidarité !

La pièce Une maison est programmée fin Mars à Strasbourg, en avril à Amiens et à Clermont-Ferrand et en mai à Olso.

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