Un banquet fantasque

Réunie pour célébrer une noce, cette bande de joyeux lurons réalise une chorégraphie extravagante arrosée au champagne. L’ambiance est explosive. Des bulles de folie pour exulter les névroses familiales dans un huis-clos déglingué. Entre borborygmes et onomatopées, les comédiens inventent un langage aussi décalé qu’absurde. Ce spectacle, parfois lourdingue, a le mérite d’être follement joyeux. Mathilda May avait créé Le Banquet en 2018 au Théâtre du Rond-Point. En ce début d’année, l’équipe a installé ses valises dans le beau Théâtre de Paris.

@ Giovanni Cittadini Cesi

Un heureux capharnaüm

Les chants d’oiseaux retentissent alors que le splendide rideau rouge est encore baissé. Une serveuse apparaît sur scène à la recherche d’une ouverture pour passer derrière l’immense tenture. Comme une godiche, elle multiplie les maladresses et gagne d’emblée la sympathie du public. Au bout d’une dizaine de minutes, elle réussit à livrer une caisse de champagne pour une surprenante ivresse collective.

Le magnifique rideau rouge

Les rideaux se lèvent. La serveuse termine les derniers préparatifs sur un terrain miné d’embûches. Sous une tonnelle blanche, les situations délurées se succèdent avec une remarquable poésie. Les invités enchaînent les gags débiles. La salle hilare rit aux éclats. Au pire, on sourit.

Dix comédiens et seize personnages

L’énergie va crescendo. Malgré l’apparent bordel, les déplacements sont très coordonnés. Rien n’est laissé au hasard. Les anecdotes fusent. Chaque personnage y va de sa petite histoire pour alimenter la grande farce. Seize personnages. Seize personnalités saillantes. Mais uniquement dix comédiens sur le plateau.

Stéphanie Djoudi-Guiraudon est remarquable dans le rôle de la serveuse et métamorphosée en artiste hippie. Jérémie Covillault est méconnaissable dans les deux rôles qu’il joue. Il est tantôt le musicien et tantôt l’homme mystérieux. Bluffant ! Dans l’ensemble les comédiens réalisent une performance enlevée pendant plus d’une heure.

@ Giovanni Cittadini Cesi

Une farce grotesque

Ce banquet cristallise les névroses de la famille : une mère dépressive, un beau-père lascif, un ado cradingue ou un beau-gosse aguicheur. A quelques moments, les gags manquent un peu de finesse. Visiblement, l’intention n’était pas d’être subtile. Le dénouement final est discutable. Au final, il suffira de se laisser bercer par l’énergie de cette grosse farce bien de chez nous…

Mathilda May a réussi avec brio l’écriture d’une chorégraphie délirante, idéale pour sortir de la grisaille. Ici, le divertissement est garanti. Le Banquet est joué jusqu’au 15 Mars au Théâtre de Paris.

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