Marie des poules, la Rosette de George Sand

Marie des poules – gouvernante chez George Sand invite à voyager dans le Berry de la romancière. Ce spectacle d’Arnaud Denis s’apprécie à la manière d’un livre à trois dimensions dont les personnages et le décor émanent du papier. Au 19è siècle, Maurice Sand s’encanaille avec la gouvernante de sa mère, Marie Caillaud surnommée Marie des poules. De ce batifolage naît une véritable histoire d’amour faisant écho au badinage de Perdican avec Rosette dans la pièce d’Alfred de Musset. Après le Off 2019, Marie des poules est à l’affiche du Théâtre Montparnasse.

@ Fabienne Rappeneau

Le rideau se lève sur une femme élégante installée à une terrasse de café. Dans un Paris de la fin du 19è siècle, Marie des poules se souvient.

Prenant la forme de flash-backs, l’écriture contemporaine de Gérard Savoisien relate l’histoire de cette paysanne au service de George Sand. Un parcours semé de ravissements et de désenchantements tant il est façonné de rencontres inattendues. L’amour avec un fils de famille et l’éducation dispensée par sa maîtresse jalonnent son existence. Analphabète mais résolument intelligente, elle découvre la lecture et les grands de ce monde. Fatalement, ses origines paysannes la rattrapent.

@ Fabienne Rappeneau

D’un amour ancillaire à l’autre

Les figures du romantisme gravitant autour de George Sand flottent sur le plateau par l’évocation de la peinture, la musique classique et les références à Musset. On baigne en plein romantisme.

Maurice Sand n’a que 11 ans lorsque Musset écrit On ne badine pas avec l’amour, en 1834. Sur scène, le jeune homme mentionne la relation entre Perdican et Rosette. Deux amours ancillaires en résonance.

La vie romantique de George Sand

Le romantisme se dégage aussi de la scénographie. Au fond de scène, une grande tenture tombe des cintres et se prolonge au sol faisant office de tapis. La projection des lumières forme des magnifiques dégradés de couleurs allant des tonalités verdâtres aux couleurs rouge et ocre. On pense aux tableaux de William Turner.

Une très jolie maison de poupée représente la demeure de George Sand. Cette miniaturisation plante une atmosphère mystérieuse. On se croirait dans un vieux grenier de campagne d’où jaillissent les souvenirs. La campagne berrichonne.

Deux admirables interprétations

Des origines berrichonnes brillamment incarnées par Béatrice Agenin. La comédienne joue alternativement Marie des poules enfant et adulte, puis George Sand. Son patois berrichon est à craquer. Elle jongle à merveille avec les minauderies de la petite gamine et l’autorité masculine de la romancière. Le metteur en scène Arnaud Denis incarne un Maurice très élégant et longiligne.

@ Fabienne Rappeneau

Marie des poules est une très jolie immersion dans le romantisme de George Sand. Ce soir-là, la séance affichait complet. Les spectateurs étaient unanimement conquis. Comment résister au charme de cette pétillante Béatrice Agenin ?

Marie des poules – gouvernante chez George Sand mise en scène d’Arnaud Denis est joué au Théâtre de Montparnasse jusqu’au mois de Mai.

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