Une douce maison de miel

Le programme du festival d’Avignon qualifie La République des abeilles de théâtre jeune public. Il était légitime d’espérer une immersion amusante dans le monde des butineuses dorées. Raté ! On n’a pas le temps de rigoler dans cette république des abeilles. Dans une ruche joliment recréée, le fonctionnement de la collectivité est expliqué dans les détails. L’inspiration de cette pièce est La Vie des abeilles de Maurice Maeterlinck. Au plateau, cela devient une présentation de la vie besogneuse de la ruche. Créé pour le In, ce spectacle mis en scène par Céline Schaeffer a été joué deux fois par jour pendant une semaine en fin de festival.

© Christophe Raynaud de Lage

Un récit (trop ?) didactique

La recherche documentaire entreprise pour nourrir l’esprit de la ruche résonne dans le discours gentiment professoral de l’ouvrier. Ce narrateur-régisseur, interprété par Etienne Galharague, cueille le public en début de spectacle pour raconter joyeusement l’organisation de la ruche. D’abord, il y a l’essaimage. On suit alors l’évolution d’une année apicole. Véritable ouvrier de la reine, il transforme le décor à chaque intermède tout en expliquant au public ce qu’il se produit. A ses côtés, les abeilles vivent. Elles construisent les alvéoles. La reine pond. Elles butinent. C’est candide, simple et joli. Leur vie est laborieuse et paisible. Elles sont toutefois menacées par deux ennemis : les bourdons et les pesticides. Une voix off – sorte de dame nature – accompagne le récit. A la fin du cycle, la séance de pollinisation est interrompue par la profusion d’une fumée dotée de pesticides. Les noms des produits chimiques sont projetés un par un sur l’écran.

© Christophe Raynaud de Lage

Une scénographie muséale

Tout compte fait, le discour professoral accompagne les magnifiques représentations de cette république. Dès le début, la très belle création vidéo d’Elie Barthès présente d’impressionnants essaims migratoires. Les taches noires se déforment sur un ciel bleu accompagné du bourdonnement des abeilles. Comme une toile de peinture, les images s’intègrent parfaitement avec les lumières chaudes. En harmonie avec l’ambiance ambrée, cinq fines structures mobiles constituent les parois de la ruche. L’ensemble est chorégraphié pour assurer avec fluidité la métamorphose plastique. Une fragrance gourmande de gelée royale se diffuse dans la salle qui donne envie d’entrer dans la maison du miel. La présence d’un apiculteur à la sortie de la salle confirme la dimension scientifique du spectacle.

@ Raynaud de Lage

Créé pour le festival d’Avignon, cette étonnante traversée d’une année apicole est un excellent dispositif de sensibilisation de tous les publics (et pas que les enfants) sur les risques environnementaux propres aux abeilles. La reine Céline entourée d’une solide équipe d’ouvrières et d’ouvriers a réalisé une très belle ruche qui partira en tournée sur les routes de France à partir du mois d’Octobre.

© Christophe Raynaud de Lage

Tournées en France : Aurillac, Versailles, Thonon-le-bains, Meyrin (Suisse), Lille, La Roche-sur-Yon, Lyon, Istres, Fréjus, Bayonne, Nice, Epinal, Kingersheim, Rouen, Choisy-le-Roi, Lunéville et Tours.

Bonne route à cette jolie ruche !!

Photo prise aux saluts

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