McGregor fait danser son ADN

Avec Autobiography, le chorégraphe anglais célèbre 25 ans de création. Il a entreprit une véritable introspection biologique puisque le décodage de son génome est à l’origine de ce ballet. De cette lecture, il a créé 23 tableaux (pour 23 paires de chromosomes) parmi lesquels 13 morceaux sont choisis par un algorithme. Dix danseurs du Studio Wayne McGregor célèbrent avec brio cette partition dans la cour du Lycée Saint Joseph d’Avignon. Créé en 2017 à Londres, Autobiography a fait son entrée dans le In avignonnais le 18 Juillet.

@ Christophe Raynaud de Lage

Une esthétique clinique

Au début, une fumée se propage sur l’immense plateau noir strié de faisceaux lumineux blancs. Le son minimaliste de Jlin plante une atmosphère technologique. On est dans l’atome, les micro-particules. Des ondes aigües crépitent et grésillent déclenchant les mouvements fluides et saccadés du soliste. La lumière dessine des formes géométriques tout en découpant l’espace scénique. En hauteur, une structure sérielle de 7 fois 4 pyramides inversées coulisse à la verticale.

Une articulation algorithmique

Les tableaux d’introduction (naissance) et de conclusion (mort) sont fixes à chaque représentation. Le premier solo, 1 ‘avatar’, dansé par Jacob O’Connell fascine d’entrée. Puis, d’autres danseurs le rejoignent. Le plateau est alors scindé en deux par la lumière, d’un côté un couple et de l’autre un groupe. Au-delà de la vitesse d’exécution, la gestuelle Mc Gregor détonne par ses mouvements fluides parfois contradictoires et ses contorsions déroutantes. Comme sur des coussins d’air, les danseurs glissent sur le sol. L’algorithme choisie ensuite 3 ‘(dis)equilibrium’. Le son bascule d’une basse rapide vers de la trance. Plus tard, un magnifique tableau rouge intense pour 19 ‘ageing’ rappelle l’intérieur d’une matrice. Ainsi de suite, de nouvelles figures organiques défilent jusqu’au dernier tableau 23 ‘choosing’.

A priori, la conduite du spectacle est renouvelée chaque soir par un algorithme. L’architecture de la pièce répond donc à la logique d’une fonction mathématique, à priori sans âme. Peu nous importe, nous sommes déjà sous le charme d’une esthétique épurée à couper le souffle. Tout est ciselé et précis dans cet univers cellulaire qui nous offre une expérience sensorielle unique.

Laboratoire McGregor

Autobiography est le premier chapitre d’une recherche intitulée Living Archives. Pour cela, Wayne Mc Gregor a d’abord fait tester son ADN. Puis, il a demandé un séquençage complet de son génome à Cambridge qu’il a fait analyser par des chercheurs aux Pays-Bas. 3 milliards de données sont à l’origine de l’écriture.

@ Richard Davies

Nous aurions aimé voir ce ballet une seconde fois pour vérifier si la délégation artistique à l’algorithme n’est pas qu’un discours. Pour cela, il faudra se déplacer au Royaume uni. Après le festival, Autobiography est programmé à Aberdeen et à Dunde Rep.

Photo prise aux saluts

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